La question du deuxième

Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez déjà qu’a la base je ne voulais pas d’enfant. Petit Ours a eu 3 ans en aout dernier (oui déjà) et on nous a (enfin surtout à moi) plusieurs fois posé la fameuse question :

– Alors le 2e c’est pour quand ?

Je ne sais pas pourquoi il est si difficile pour les gens de concevoir qu’on puisse ne vouloir qu’un seul enfant. Ca en devient même culpabilisant.
Comme s’il n’y avait rien de plus cruel au monde que de ne pas donner de petit frère ou de petite soeur à son enfant.

Lorsque tu oses dire que « un c’est bien aussi », la plupart des gens te regarde comme si tu étais un monstre et avance souvent les même arguments foireux pour justifier leur étonnement :

– Mais tu ne vas pas le laisser tout seul quand même le pauvre ?! Il va s’ennuyer.

Ce à quoi je réponds systématiquement qu’on ne fait pas un 2e enfant pour tenir compagnie au premier…On en fait un 2e (ou 3e ou 4e…) parce qu’on en a envie. Point. Le jour ou Petit Ours s’ennuiera, je lui offrirai un chien.

– Mais tu sais, c’est plus facile d’affronter les épreuves de la vie (si je comprends bien vieillesse des parents toussa) à deux.

Mouais…de l’avis de beaucoup de personne, c’est souvent dans les moment difficiles qu’on se rends compte qu’on est seul même au sein d’une fratrie.
Qui plus est, il est possible de se trouver une « famille » ailleurs que dans son cercle familiale justement.
Combien de personne d’une même famille ne se voient plus à la suite de querelles bidons ? J’ai trop vu ça dans ma propre famille pour croire naïvement que des frères et soeurs seront unis quoi qu’il arrive, même si ça arrive heureusement.

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J’ai un grand frère de 4 ans mon ainé. Je ne peux pas dire que nous soyons extrêmement proches mais je garde des souvenirs très nets et très agréables de certains de nos délires. Et puis il y aura toujours ces petits regards et ces sourires en coin qui font qu’on se comprend même sans se parler.

Ces même souvenirs, ces même moments, parfois j’ai envie que Petit Ours les connaissent lui aussi avec un frère ou une soeur. Mais pour le moment, je me sens incapable de tout recommencer:
La grossesse, que je n’ai pas du tout aimé, l’accouchement, les nuits courtes, les pleurs.
Et puis je me sens parfois tellement dépasser rien qu’avec un enfant alors comment ça serait avec deux ?
Je n’ai pas assez de patience, je suis égoïste.

Souvent je voudrais juste me poser sur mon canapé avec un bouquin sans avoir a jeter un oeil sur Petit Ours. J’aimerai pouvoir m’installer dans mon petit coin bureau sans le voir débarquer dans la seconde parce qu’il veut dessiner à coté de moi ou me piquer mes crayons.

Et puis serais-je capable d’aimer un deuxième autant que Petit Ours ? Parce que bien qu’il m’agace parfois, je l’aime plus que tout et je n’ai pas envie de me partager.
Et puis surtout, on est bien à trois.
Et si le fait d’en avoir un 2e changeait tout ? Bousculait notre équilibre ? Et si ça se passait pas bien ? Et s’il ou elle était malade ? Et si finalement on gâchait tout à ne pas se satisfaire de ce qu’on a déjà ?

Viennent ensuite les questions pratiques : nous avons une troisième chambre mais c’est actuellement notre chambre d’amis / dressing… On le met où le deuxième ou alors on les mets où nos vêtements ?
On vient de changer de voiture, passant d’un break à une berline parce que j’en avais assez de conduire un paquebot.
Et puis si je pars en congé maternité, est-ce que je vais retrouver ma place au boulot ? Mon poste que j’aime tant ?

Vous voyez, j’ai plein de raisons de dire non a un deuxième.

Bien sur, je ne me suis pas fermée la porte et j’y pense parfois. D’autant plus souvent que les bébés en ce moment il y en a partout autour de moi. Et surtout depuis que ma collègue qui à un petit garçon de l’age de Petit Ours à annoncé sa grossesse. J’ai presque ressentit de la jalousie, de l’envie. Et puis j’ai repensé à tout ça. A tout ce que j’ai écris plus haut.

Alors pour le moment lorsqu’on me pose la question, je répond non.

Et vous alors le deuxième, c’était / c’est un évidence ?

 

2 thoughts on “La question du deuxième”

  1. C’est fou quand même ce besoin qu’on les gens de se mêler de choses qui ne les concernent pas. En plus je ne sais pour toi mais moi je trouve que la pression est énorme et qu’elle prend deux formes : celle « directe » ou on te pose clairement la question / te fais la remarque et celle plus indirecte mais plus sournoise où on te lance l’air de rien des petites piques du style : « mais quand il y en a qu’un blabla… ». C’est épuisant.

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